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«...L'AMI, comme son nom l'indique, n'est pas une école mais un atelier de musiques improvisées.
Un des fondateurs, le multi instrumentiste Alain Soler, refuse d'ailleurs le nom d'école: « Ici, on ne décerne pas de diplôme ». Autrement dit, on ne forme pas de musiciens « standardisés » selon un cursus scolaire fixe et limité dans le temps.
Les participants de l'atelier ne viennent pas pour ça, ce sont presque tous des musiciens expérimentés, souvent professionnels, parfois enseignants que réunissent l'enthousiasme et la motivation, mais les débutants vraiment passionnés sont les bienvenus. Structure « interactive » ouverte et conviviale qui, outre l'enseignement et la pratique, est aussi un lieu de diffusion doté d'un studio d'enregistrement, l'Ami se consacre entre autre au jazz dans toutes ses composantes. On peut en situer quelques repères: traditionnel (on y étudie notamment le jazz français d'avant guerre), middle jazz (les songs, les standards), Duke Ellington (l'écriture), Count Basie (le son orchestral, le swing), le bebop (pour le langage, les thèmes, la structure), Thelonious Monk, Bill Evans, le hard bop, John Coltrane (du modal au free), Ornette Coleman, etc. Jamais le lien avec le tronc afro-américain n'est rompu, jamais l'improvisation ne cède la place aux formules, aux « plans ». C'est avant tout la « musique ternaire acoustique » qui est privilégiée. Le travail se fait sur l'étude des thèmes, la mélodie, le chant, la composition, on favorise volontiers le polyinstrumentisme et la pratique de l'improvisation et du jeu en groupe reste le moteur (et la philosophie) de l'atelier.
Avec les outils mis à disposition, comme l'informatique musicale, les possibilités d'enregistrement, les séances d'écoute, etc., chacun apporte et développe ses propres connaissances et expériences. Tous âges confondus (de dix sept à soixante ans), ils se retrouvent sur quelques lignes de force qu'Alain Soler résume ainsi :
Approfondissement de l'analyse des diverses esthétiques, compréhension de l'arrangement spontané, étude des différents styles, pratique de l'accompagnement, du chant, réconciliation de tous les genres musicaux et mise en situation réelle dont, périodiquement, des rencontres constituent les points forts : Toots Thielemans, André Jaume, Joe Lovano, Eric Barret, Serge Lazarévitch, Larry Schneider, Barry Altschul ont été invités en résidence où plusieurs jours de travail débouchent sur un concert, souvent une création, parfois un disque...»

Jean BUZELIN (JAZZMAN n°13 avril 1996)



Un studio qui fonctionne au Soler !

Entre ateliers jazz et enregistrements, le studio ECS-AMI à Château-Arnoux est devenu le repère de «pointures» mondiales, sous la houlette d'Alain Soler, musicien touche à tout. Il innove encore cette année avec la création d'un atelier de chansons françaises et la mise sur pied de soirées cabaret en 97.
Balayée d'un revers de main l'image d'Epinal du jazz réservée aux alcôves des «cities» , entre New York, Londres et Paris.
La lointaine province de Château-Arnoux se joue depuis presque six ans des conventions, n'affichant plus aucun complexe à rivaliser avec les antres historiques qui virent nâitre et prospérer le jazz.
Ainsi, en noir ou en blanc, l'atelier de musique improvisée (AMI) et son studio d'enregistrement «Evolutif concept studio» (ECS) se sont taillés un smoking haut de gamme, sous la houlette d'un tailleur hors norme.

Sans barrière des notes...
Non content de croire en sa bonne étoile, il fallait vraiment qu'Alain Soler fasse de ses convictions un véritable sacerdoce pour qu'elles deviennent réalité.
C'est chose faite aujourd'hui puisque les plus grandes pointures viennent taper le boeuf dans son studio top niveau, modestement tanqué; entre montagne et Durance.
Y réviser leurs gammes, mais aussi y enregistrer ce qui, lorsque l'on est André Jaume, Ron Carter et autre Toots Thielemans, en dit long sur l'attrait technologique et l'ambiance conviviale des lieux.
Mais, l'intérêt de cette structure à part dans la région revient à son génie créateur qui a exclu d'entrée de jeu toute partition.
Ainsi, au sein de ce lieu sans pareil, les apprentis grandissent avec les grands et non dans leur ombre. Au diable l'angoisse de n'être pas à la hauteur, exit les diplômes de conservatoire La musique retrouve ici sa genèse. Celle d'une expression vocale ou instrumentale qui ne se mesure pas en terme de niveau de connaissance mais en degré de passion.
Tant il est vrai que les plus connus ne sont pas nécessairement les plus doués mais ceux qui s'expriment avec leurs tripes.
Quand à l'attrait pédagogique de la méthode, Il s'est encore vérifié puisque deux adhérents de l'AMI viennent de s'arroger deux premiers prix au conservatoire d'Avignon.

Théorie et pratique
Il y a donc ECS (Evolutif Concept Studio) pour Ie montage de maquettes avec, à 1a clef, la possibilité d'être diffusé sous le label CELP (dist Harmonia Mundi) avec lequel Alain Soler a, entre autres, gravé «Durance» avec Joe Lovano. Un studio dont les portes sont d'ailleurs ouvertes à toutes les formes musicales.
Il y a également l'Atelier de musiques improvisées où apprentissage et perfectionnement, quelque soit l'instrument, s'appuient essentiellement sur des ateliers collectifs.
En somme, aucune rupture n'est faite entre espaces professionnel et amateur.
A noter que l'atelier bénéficie du soutien de la DRAC, du conseil régional, du conseil général et du district moyenne Du rance.

Chanson française
Pour compléter le panel d'ateliers Alain Soler et Claude Mabil, guitariste et chanteur qui n'est plus à présenter, ont scellé une nouvelle union tout à la gloire de la chanson française.
Elle a tout d'abord pris la forme d'un module spécifique envisageant aussi bien la pratique musicale que le chant ou encore l'écriture de chansons.
Cette heureuse association se poursuivra sur scène puisque les deux protagonistes ont d'ores et déjà prévu d'assurer la première partie de Beranger en avril 1994, sur un répertoire signé Claude Mabil.
Dernière nouveauté, et non des moindres, la naissance de soirées cabaret, deux à trois fois par mois, à partir de janvier 97. Elles seront principalement animées par des musiciens de la région et devraient faire le bonheur des noctambules mélomanes.De quoi rester dans le ton !

Pierre JOHANN. (Nice Matin, 1997)

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